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triporteur
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en route vers Edinburgh

 

Deux bougies éclairent les différents évènements qui ont jalonné si délicieusement mon arrivée à Edinburgh. Enclavée dans la ville, s’élève une petite montagne : le parc d’Arthurd’s Seat où je viens souvent dormir.

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sans lequel tout cela aurai l’air d’une vaste publicité pour le tourisme artistique. Et là, nous en sommes loin et cette étape prend des allures dignes de cet engagement.

Tout d’abord, à Paris, après mille traquas, dont l’échange des numéros de mon triporteur avec celui d’une vulgaire Opel Astra blanche, que je découvris avec horreur en ouvrant le container, à Rouen. M’obligeant à me passer d’Atelier Roulant pour faire la promotion de ma démarche à Paris, et à le récupérer après à Dunkerque ; je rencontre, à la fête de la musique, alors que j’accompagnais avec Benoît Cachin, (poète cuisinier) une fanfare aux sonorités des pays de l’est, où joue mon ami Jérôme Moésis ; je rencontre, dis-je : Fabienne une jeune femme brune de trente et un ans, à moitié Irlandaise, donc brune avec de grands yeux gris bleus. Je lui laisse mon numéro en lui disant : << Si tu m’appelles, ce sera par-ce que tu as envie de me voir…>> (phrase qui n’a pas vraiment de sens quand on la sort de son contexte, c’est à dire Paris, avec tous ces gens qui souvent, ne savent pas trop ce qu’ils font.) Elle m’appelle et le lendemain, et sur les bords du canal de l’Ourcq, je découvre la personnalité sincère de cette fille, au premier abord un peu discrète et pas du tout dans la séduction automatique qu’utilise la plupart des femmes.
Immédiatement je peux lui parler et elle aussi malgré qu'elle parle, je l'avoue, un déplorable argot souvent désagréable voir incompréhensible. (pour moi, je précise.) Des phrases du type : <<Ca m'vénère quand j'me serre un gars qu'des meufs s'tapent phases.>> << Ah bon ?>>
A ce propos, ce matin, en regardant passer une femme sans doute pas de mon format, une merveille d’au moins 1m95, je me suis interrogé sur la rencontre amoureuse.
Je me suis dit que je ne rencontrais que des femmes de taille raisonnable. Comme si les grandes étaient réservées à une classe différente de la société. Soit des sportifs, soit de puissants hommes d’affaires. C’est vrai qu’une grande ça a d’autres besoins ; ça mange plus, ça marche plus vite ; techniquement, j’ veux dire, ça a besoin de beaucoup

plus de tissu pour s’habiller, de beaucoup plus de tout au fond… Mais moi, si je trouve la femme de ma vie et qu’elle n’est pas grande ni exceptionnellement belle, je ne pourrai pas m’empêcher de me dire : Tu vois cette femme que tu aimes et qui t’aime, si elle avait fait ne serait-ce que dix centimètres de plus, elle serait passée devant toi comme si tu avais été une poubelle ou un réverbère … Et puis après j’ me suis dit que j’ me ferai une raison, car le monde est comme ça, plein de contradictions qui ne laissent que peu de chance au rêve. Pourtant, des fois, ça arrive. Et quand le rêve prend fin, on se sent comme poussière, mais ça je vous en parlerai une autre fois.
Pour l’instant je propose à Fabienne (de taille moyenne), de partir avec moi en Ecosse. Après un instant d’hésitation assez court finalement, elle accepte. Au téléphone, depuis Angers, je lui explique pourtant que ce n’ sera pas des vacances, qu’ il faudra qu’elle m’aide, qu’il n’y a pas de douche, qu’on se lavera la plupart du temps à l’eau froide, qu’on ne sait pas comment on sera accueillis, que l’espace est tout petit et qu’il faut pas laisser traîner des trucs de nana partout, et même que je n’envisage pas une relation amoureuse durable entre nous, je pense qu’on a mieux à faire… Malgré tout ça, où peut être à cause de
  grande fille

 

ferry
  tout ça, elle viendra me rejoindre à Calais le soir du départ. Le soir de son arrivée je suis un peu inquiet, je la connais à peine, et sa façon de parler me heurte. Je ne suis pas quelqu'un de très tolérant par certains côtés. Je décide de lui proposer de ne parler qu’ anglais, même entre nous, car lorsqu’elle parle anglais elle prend alors une toute autre dimension, son regard et son port de belle irlandaise, se manifestent, et elle est sublime. Mais au fond, elle le prendra très mal cette réflexion, oui. Et par la suite elle fera exprès

fabienne et triporteur

de parler le plus mal possible, s’amusant de mon air résigné. Que les femmes sont facétieuses…
Je dois avouer, pourtant qu’elle s’est montrée très courageuse, qu’elle ne s’est jamais plainte et qu’au cours du voyage elle a même pris sur elle pour faire de gros efforts lorsqu’elle s’adressait à moi. Même sur le plan artistique je la trouvais bonne, car toujours assez attentive et dans la découverte.

Fabienne
  Les quelques conseils que je pouvais lui donner produisaient des résultats visibles sans doute du surtout à un réel talent encore non véritablement identifié mais qui ne demande qu’à se manifester. Au cours du voyage nous sommes devenus amis et aujourd’hui elle me manque. Car, loin d’être embarrassante, elle m’a apporté toute

paysage

son énergie sans rien demander. Je voudrais que tu saches Fabienne, toute la joie que tu m’apportes et toute l’amitié et le respect que j’ai pour toi. Non dénué encore, je le déplore, d’une certaine attirance.
Ensemble nous avons roulé jusqu’à Londres, voir ma cousine Chrissy, découvrant les joies de la conduite à gauche, et l’une des premières fois où je me suis trompé de voie, nous sommes tombés nez à nez avec une voiture de police. Je déclarai immédiatement au policeman peu amer : << Sorry, I’m french I’ve just arrived…>> Il m’a répondu du tac au tac :<< Year, you’re french, that’s what explains your bad driving.. !>> Puis ils sont partis goguenards.

usine

Puis nous sommes allés rendre visite à mon ami David Risk Kennard, fameux peintre anglais que j’avais connu en Guadeloupe, mais nous ne nous attendions pas à l’accueil qui nous serait réservé, chez lui à Powerstock, petite bourgade isolée dans les collines du Dorset. Tout d’abord Angelica, sa muse et sa femme, nous déclare d’emblée, dans le petit salon confortable peuplé de profonds canapés vieux rose et décoré de vieux tableaux trop grands pour la pièce : << stay the more that you can, your présence here is an enlightment.>> Nous sommes restés peut-être une semaine et nous n’arrêtions pas de nous extasier devant l’harmonie et la vie de cette famille composée de deux parents plus amoureux que jamais, de trois fils : Paris, que je connaissais déjà, Edgar, Hector, et de deux cockers, une jeune et Tilly, ma préférée.
Dans une grande maison composée de plusieurs bâtiments dispersée dans le jardin sur plusieurs niveaux.

atelier de David   atelier

David m’a prêté un de ces ateliers et il n’a pas hésité à faire de la place pour que nous soyons le plus à l’aise possible. Il y a entre nous une belle amitié pleine de respect et de compréhension face à nos éducations et âges différents, mais entre artiste on se reconnaît et on s’entraide. Pourtant je sais que vivre aussi longtemps avec des invités n’est pas quelque chose de très facile pour lui car il est de nature retirée. J’aime cet homme et ses fils ne comprennent pas ce que je trouve désopilant chez leur père, mais ils rient en entendant nos vives conversations.
Quel plaisir d’être plongés si intimement dans l’Angleterre profonde, dès notre arrivée. Je ne saurai jamais assez les remercier tous.

David et famille

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