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Bien que je ne serai jamais impartiale, laissez-moi vous présenter Vincent Solème, grand frère bien aimé et artiste peintre, accidentellement sédentaire mais éternellement nomade, immensément libre, visionnaire, et plein de talent… le petit scooter carmin qui faisait office d’atelier roulant l’an dernier a malheureusement forcé mon frère à suspendre sa route après avoir totalement rendu l’âme. Mais il a ressuscité son concept cette année avec un petit triporteur… Aujourd'hui il s'apprête à repartir à travers l'Europe, mais voici comment toute l'histoire a commencé

Vincent observe une dernière fois l’atelier sous les toits, et tous les petits objets qui ont fait son quotidien durant dix ans : la table, un simple plateau de chêne dressé sur ses traiteaux chétifs, la boîte en fer blanc où il rangeait les petits drapeaux qu’il piquaient sur la carte de Genève, pour se souvenir des endroits où il avait travaillé sur commande, le grand chevalet, la vue sur le verger et la sortie de l’école toute proche. Adieu silencieux à tout cet univers artistique et familial, qu’il a décidé de quitter pour mener son projet itinérant.

« La vérité c'est que je ne vis plus, je me suis muré dans un travail aussi magnifique qu'ennuyeux. Le confort est une forme d’opium, un coma dans lequel il n’y a que des rêves. Mais je veux vivre mes rêves !»

Durant ces dix dernières années, il a réalisé sur commande des dessins de propriétés bordant le lac Léman, de multiples fresques et peintures à l'huile en collaboration avec son amie Catherine.

« J'ai toujours aimé entrer dans la vie des gens à l'improviste…Pour obtenir mes commandes, il me suffisait de frapper aux portes, de créer un lien et un échange avec des clients qui sont devenus des amis pour la plupart. »

« J'ai décidé de partir parce que j’avais l’impression de décevoir ceux que j'aime en n'étant jamais à la hauteur. C'est donc un peu par nécessité, et un peu par lâcheté, que je pars ce matin de juin, en serrant dans mes bras ceux que j’aime et accrochant tout ce que je peux sur mon scooter. »

D’abord indifférent aux paysages qu’il connaissait par cœur, et tant impatient de liberté, la paix s’est progressivement installée en lui. Passé le Massif Central, il atteignit les Cévennes et aborda les grands causses.

Aiguebonnes, dans les Cévennes, la destination où il allait retrouver une amie de longue date, qui lui avait décrit ce lieu dit comme étant l'endroit idéal pour prendre son envol. Sur la longue route qui menait à Aiguebonnes, il est d’abord passé par Mende - un peu sinistre- avant de s’engager dans un dédale de vallées encaissées et de plaines arides. Il est finalement arrivé à Aiguebonnes par un chemin bordé de vergers qui évoquait un je ne sais quoi d’après guerre.

« Rien à voir avec le lieu sauvage que j’avais imaginé… mais il ne m'était pas venu à l'idée qu'il puisse y en avoir deux "Aiguebonnes" ! C'est pourtant logique que deux villages dotés de rivières s'appellent « bonnes eaux » dans un paysage aussi aride… »

Il a ensuite franchi deux nouveaux causses - le Méjan, et le Noir – derrrière lequel se trouve Aiguebonnes.

« …L’avenir de mon aventure, et celui de l'atelier roulant découlent intimement de ces évènements qui ont marqué ma vie. »

Juste avant d’atteindre enfin Aiguebonnes, il dit : « …Exalté par le paysage si sauvage, je joue avec les nuages qui avancent à la même vitesse que moi, debout sur mon scooter je suis un nuage immense, je transforme tout sans laisser de trace comme lorsque j’apparais au hasard dans la vie de quelqu'un en marquant seulement ses rêves… »


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